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Libérer le potentiel numérique de la France

Le cloud computing comme levier de la décennie numérique de l’Union Européen



Résumé analytique

La Commission Européenne a placé les années 2020 sous le signe du numérique, en présentant dans sa vision « Décennie numérique » des objectifs ambitieux pour l’Union et ses citoyens, en quatre axes visant à accélérer les niveaux de compétences, des services publics, des infrastructures et des entreprises en matière numérique (voir encadré 1).1

Public First, un cabinet de conseils indépendant, a été chargé par Amazon Web Services (AWS) d’étudier le rôle que le cloud computing (informatique en nuage) joue dans la libération des ambitions numériques de l'UE, et d’enquêter auprès des consommateurs et des entreprises sur l'état actuel de ces objectifs. En France, Public First a établi une nouvelle modélisation économique et a réalisé des sondages d'opinion auprès de plus de 1 002 consommateurs et 1 314 entreprises (voir encadré 2).

Au total, nous estimons que, si l’Europe atteint les objectifs fixés par la vision « Décennie numérique » cela pourrait générer 490 milliards d'euros de valeur pourraient être générés pour l’économie. Ce chiffre correspond à 22 % de l'économie actuelle de la France.

En quoi consiste la décennie numérique ?

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La décennie numérique correspond à une vision destinée à guider la transformation numérique de l'Europe à l'horizon 2030. En 2021, la Commission européenne (CE) a conçu une boussole numérique accompagnée d'outils de mesure permettant d'atteindre les objectifs de l'UE. Ces derniers sont détaillés ci-dessous et constituent la base de l'analyse et des recommandations du présent rapport.

Le potentiel de la décennie numérique

Dans l'ensemble de l'UE, les citoyens reconnaissent l’importance de la technologie numérique et de la décennie numérique. La technologie numérique a été classée deuxième facteur, derrière le secteur de la santé par les répondants.

Même si la France se rapproche des objectifs de l'UE relatifs à la décennie numérique, ces derniers doivent devenir prioritaires. Ceci nous permettra d'en exploiter pleinement le potentiel dans des domaines tels que les compétences numériques et l'adoption de technologies indispensables telles que le cloud (graphique 1).Si l'on se fie au rythme actuel des avancées, la France est en passe de générer tout juste 152 milliards d'euros en valeur économique d'ici à 2030. Si la France parvient à accélérer ses progrès pour atteindre les objectifs de la décennie numérique, 335 milliards d'euros supplémentaires en valeur économique pourraient être générés d'ici à 2030.2



Dans le présent rapport, nous analysons les progrès réalisés par la France jusqu'à aujourd'hui afin d'atteindre ces objectifs fixés par l'UE, et la manière dont il est possible de les accélérer grâce à un partenariat entre les services publics, les entreprises et les citoyens.

L'accélération des projets exigera une approche soutenue et collective, de la part des secteurs public et privé, sur l'adoption numérique, le développement des compétences, les infrastructures, l'entreprenariat et la transformation numérique des services publics et des entreprises.

Avancées récentes constatées par rapport à certains objectifs de la décennie numérique

Entreprise

État des lieux : De nombreuses entreprises françaises ne profitent pas encore pleinement des technologies fondamentales telles que l'IA, le Big Data et le cloud.

Données clés

  • Trop peu d'entreprises exploitent pleinement la puissance des outils numériques actuels. Selon la Commission européenne, seules 22 % des entreprises françaises ont adopté des technologies indispensables telles que le cloud, 20 % pour l'IA et 22 % pour le Big Data. Le déploiement d'outils numériques comme le CRM (Gestion de la relation client), l'ERP (système de planification de ressources d'entreprise) ou la comptabilité en ligne peuvent stimuler la productivité de l'entreprise de 10 à 25 %.
  • L'adoption croissante du cloud jouera un rôle primordial et permettra de préparer le terrain pour la prochaine génération d'innovations. Selon nos estimations, une majorité (55 %) des impacts potentiels de l'agenda de la décennie numérique dépend du cloud computing, qui constitue un vecteur essentiel de technologies comme l'IA ou le Big Data. Si nous pouvions stimuler l'adoption du cloud chez les petites entreprises françaises de 10 %, nous estimons que cela permettrait de faire progresser l'économie française de 0,4 % en termes de valeur ajoutée brute (VAB), soit de 8 milliards d'euros supplémentaires.

Compétences

État des lieux : Au cours des cinq dernières années, les avancées dans l'amélioration des compétences numériques élémentaires ou du nombre de femmes spécialistes des technologies de l'information et de la communication (TIC) ont été faibles. Si l'on se fie aux tendances actuelles, il est peu probable que les objectifs soient atteints. Par exemple, à peine 59 % de la population en France devraient posséder des compétences numériques élémentaires d'ici à 2030, alors que l'objectif est fixé à 80 %.

Données clés

  • Une pénurie de compétences numériques empêche la croissance des entreprises les plus avancées sur le plan numérique. 77 % des entreprises considèrent les compétences numériques comme étant importantes voire indispensables, une proportion qui passe à 88 % pour les entreprises qui ont une utilisation intensive des ressources technologiques.3 36 % des entreprises à forte intensité numérique ont affirmé que le manque de compétences numériques a ralenti leur croissance, 31 % que ce phénomène a fait augmenter leurs prix, et 31 % que cela a freiné le développement de nouvelles technologies.
  • Bien qu'un nombre plus important de spécialistes des TIC soit indispensable, le fait de renforcer les compétences numériques du travailleur moyen pourrait avoir tout autant d'impact. Tout le monde n'a pas pour mission d'écrire du code dans le cadre de ses fonctions, ou de créer de zéro son propre modèle d'apprentissage automatique, mais presque tout le monde pourrait profiter d'une maîtrise satisfaisante ou intermédiaire de compétences numériques. Selon une estimation, plus de 40 % des travailleurs qui utilisent des logiciels de bureautique tous les jours ne disposent pas encore des compétences suffisantes pour les utiliser de manière efficace.4
  • Atteindre l'objectif de l'UE qui consiste à disposer de 20 millions de spécialistes des TIC d'ici à 2030 s'avèrera difficile si le dispositif d'inclusion ne s'améliore pas. Si l'on se fie aux tendances actuelles, moins de 28 % des spécialistes des TIC en France seront des femmes en 2030. À titre de comparaison, ce chiffre était de 20 % en 2021.

Infrastructures

État des lieux : Il semble probable que la France atteigne les objectifs de la décennie numérique en termes de connectivité Internet, avec 53 % des ménages qui bénéficient déjà d'une couverture grâce à des réseaux fixes à très haute capacité (VHCN). Des progrès sont encore nécessaires pour soutenir le développement de solutions à faible latence, telles que l'edge computing (informatique de périphérie de réseau), qui permet le traitement, l'analyse et le stockage des données plus proche de la source de données.

Données clés

  • Les infrastructures numériques sont perçues comme étant plus importantes que les formes classiques d'investissement telles que le transport. Selon notre sondage d'opinion, les consommateurs et les entreprises ont choisi un Internet plus rapide ou plus fiable comme principale priorité d'investissement dans les infrastructures de connectivité, plutôt que d'autres types d'investissements comme les routes, les voies ferrées ou les aéroports.
  • De nombreux outils numériques sont nécessaires pour favoriser la transition écologique de l'Europe. 84 % des entreprises françaises étaient d'accord pour dire que l'importance actuelle du développement durable serait maintenue ou évoluerait en tant qu'élément décisif dans la gestion de leur entreprise. Cependant, les entreprises étaient beaucoup moins convaincues de disposer actuellement des outils numériques appropriés pour contrôler et accroître le développement durable. En effet, à peine 57 % d'entre elles étaient d'accord avec cette affirmation.
  • Les choix technologiques et l'accès aux technologies les plus avancées comptent davantage que le pays d'origine des entreprises qui les fournissent. Les technologies comme le cloud ne sont pas un produit quelconque parmi d'autres. Au contraire, il s'agit d'un moyen d'offrir de nombreux types de services numériques. Selon notre sondage auprès des entreprises, seulement 7 % d'entre elles ont indiqué le pays d'origine du fournisseur comme étant l'un des facteurs les plus déterminants dans le choix d'un fournisseur de services cloud, ce qui place ce critère au dernier rang du classement des 14 facteurs potentiels.

Services publics

État des lieux : La France a atteint 73 % de son objectif consistant à fournir des services publics numériques aux citoyens et 91 % de son objectif qui était d'offrir des services publics numériques aux entreprises.

Données clés

  • Les citoyens français adoptent de plus en plus les services publics numériques. 82 % des citoyens français ont actuellement recours à des services publics numériques, et 72 % des consommateurs français ont affirmé être convaincus de pouvoir trouver des informations ou un service par le biais d'applications ou de sites Internet liés aux services publics.
  • De nombreux citoyens français se sentent à l'aise à l'idée d'utiliser des services publics numériques. En effet, plus de la moitié serait à l'aise avec le fait d'accéder à son dossier médical en ligne. D'après notre sondage, à peine un quart de la population a accès à son dossier médical en ligne (23 %) ou a dû prouver son identité en ligne (17 %), alors que 49 % a affirmé être à l'aise avec le fait d'accéder à son dossier médical en ligne, et 39 % avec le fait de prouver son identité en ligne. Ces données suggèrent un potentiel important pour l’adoption de ce système.
  • Le cloud peut jouer un rôle majeur dans la création de services publics numériques plus agiles et plus efficaces. D'après nos estimations, en transférant 10 % du système informatique des services publics sur le cloud, cela pourrait permettre de libérer 100 millions d’euros par an de dépense d’infrastructure informatique et de maintenance vers le développement de nouveaux services publics numériques.

Méthodologie

Dans cette étude, nous avons utilisé une variété de méthodes différentes afin de quantifier le potentiel économique de l'agenda de l'UE concernant la décennie numérique, ainsi que le rôle du cloud :

  • Nous avons réalisé de nouveaux sondages auprès de consommateurs représentatifs à l'échelle nationale dans neuf pays, contactant au total 6 830 Européens, dont 1 004 personnes en France, et nous avons demandé leur avis sur divers sujets liés aux compétences et aux technologies numériques.
  • Nous avons réalisé de nouveaux sondages auprès d'entreprises représentatives sur le plan économique dans neuf pays, ce qui représente 7 184 décideurs européens de haut rang, dont 1 314 en France.
  • Nous avons interrogé 10 intervenants politiques à l'échelle européenne pour leur demander leur avis sur les avancées réalisées par rapport à l'agenda de la décennie numérique.
  • Nous avons réalisé de nouvelles analyses documentaires relatives à l'impact des technologies numériques, des compétences, du cloud computing et de l'IA sur la croissance économique.
  • D'après les données recueillies par notre sondage et les résultats de nos analyses documentaires, nous avons élaboré de nouvelles modélisations destinées à estimer distinctement l'impact de l'augmentation du niveau des compétences numériques élémentaires, l'adoption d'outils numériques en entreprise, le cloud computing et l'utilisation de l'IA et du Big Data.

Pour en savoir plus sur notre approche de modélisation, veuillez consulter la section Méthodologie dans les annexes du rapport.

Public First est membre de la Market Research Society. Les tableaux complets de données utilisées dans ce rapport peuvent être téléchargés depuis notre site Internet. [LINK TO BE INSERTED]

Bien qu'AWS soit le commanditaire de ce rapport de Public First, nous sommes les auteurs de toutes les estimations économiques.

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Présentation

Les technologies numériques font partie des vecteurs les plus importants de la croissance économique, de l'amélioration du niveau de vie et de la durabilité. Depuis les années 1980, la technologie numérique est responsable de près d'un quart de la croissance des économies avancées.5 La succession de technologies telles quel'ordinateur personnel (PC), les tableurs, Internet, les smartphones et le cloud computing, ont contribué à transformer nos modes de vie, de travail et de communication. Dans notre sondage, l’informatique technologie a été perçue comme le secteur ayant le plus contribué aux innovations au cours de la dernière décennie et ce, par plus de 50 % des répondants.

En 2021, la Commission européenne a esquissé une « boussole numérique » en quatre axes visant à accélérer les niveaux de compétences, des services publics, des infrastructures et des entreprises en matière numériqueDans ce rapport, le cabinet de conseil indépendant Public First a été commandité par Amazon Web Services (AWS) pour étudier la manière dont la France pourrait progresser au mieux afin d'atteindre ses objectifs de la décennie numérique.

Pour ce faire, nous avons :

  • réalisé de nouveaux sondages auprès de plus de 1 004 consommateurs et plus de 1 314 entreprises en France afin de mieux comprendre leur utilisation actuelle et leurs attitudes envers les technologies numériques ;
  • établi de nouvelles modélisations économiques afin de mieux comprendre le potentiel de la technologie numérique, ainsi que le rôle du cloud.

Au total, d'après notre modélisation, en atteignant les objectifs de l'agenda de l'UE pour la décennie numérique, la France pourrait générer plus de 488 milliards d'euros en valeur économique. Ce chiffre correspond à 22 % de l'économie globale du pays.

Dans le présent rapport, nous analysons les questions fondamentales suivantes pour chacun des quatre axes de la boussole numérique :

  • Quel est l'état des lieux actuel de la France par rapport aux objectifs la vision « Décennie numérique » de l’UE ?
  • Quelles sont les opinions des citoyens français et des entreprises ?
  • Quel est le rôle du cloud computing pour favoriser des avancées plus rapides ?

Calculs de Public First basés sur la Total Economy Database, maintenues par The Conference Board

AxeObjectif à l'horizon 2030État actuel
Entreprise  
Pourcentage d'entreprises utilisant le cloud75 %21,5 %
Pourcentage d'entreprises utilisant l'IA75 %19,5 %
Pourcentage d'entreprises utilisant le Big Data75 %21,7 %
Pourcentage de PME atteignant au moins un niveau d'intensité numérique basique90 %54,9 %
   
Compétences  
Pourcentage des spécialistes des TIC sur le marché du travail20 millions dans toute l'UE4,5 %
Pourcentage de femmes spécialistes des TICConvergence des genres20,1 %
Pourcentage d'adultes ayant au moins des compétences numériques élémentaires80 %57,3 %
   
Infrastructures  
Pourcentage de ménages disposant d'une couverture Internet équivalente à un gigabit100 %52,6 %
   
Services publics  
Pourcentage de services publics de premier plan fournis sous forme numérique aux citoyens100 %73,46
Pourcentage de services publics de premier plan fournis sous forme numérique aux entreprises100 %91,47

Source : l'indice relatif à l'économie et à la société numériques (DESI) de l'UE 

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Entreprise

État des lieux



Objectifs de l'UE relatifs à la décennie numériqueÉtat des lieux
Au moins 75 % des entreprises de l'UE adoptent des services de cloud computing, du Big Data et de l'intelligence artificielle.Actuellement, la France reste loin de l'objectif de l'UE fixé à 75 % : près de 22 % des entreprises françaises ont adopté le cloud, 20 % ont adopté l'IA et 22 % le Big Data. Au vu des tendances actuelles, le pourcentage de 75 % d'adoption du cloud dans les entreprises ne sera pas atteint avant 2050 en France.
Plus de 90 % des PME atteignent au moins un niveau basique d'intensité numérique.8La France est encore loin de l'objectif de l'UE selon lequel 90 % des PME atteignent au moins un niveau basique d'intensité numérique. En France, 55 % des entreprises franchissent actuellement ce seuil.
Progrès en direction de l'objectif d'adoption du cloud

Qu'a démontré notre étude ?

Trop peu d'entreprises exploitent pleinement la puissance des outils numériques actuels

Au total, 56 % des entreprises déclarent que les technologies numériques sont devenues de centrales pour le bon fonctionnement de leur activité au cours des cinq dernières années. Néanmoins, la France est encore loin d'atteindre l'objectif de l'UE selon lequel 75 % des entreprises adoptent le cloud, le Big Data et l'IA.L'adoption par les petites entreprises des technologies actuelles, telles que le cloud ou les outils numériques comme le CRM, l'ERP ou la comptabilité en ligne, constitue une des solutions les plus faciles à mettre en place pour stimuler la productivité. Ce seul fait permettrait faire passer la productivité de l'entreprise de 10 à 25 %.9

Afin de comparer le niveau d'adoption des technologies numériques dans les entreprises, et d'analyser quels types d'entreprises étaient en retard dans leur parcours vers le numérique, nous avons attribué à chaque entreprise une note allant de 1 à 12 selon leur utilisation des ressources informatiques, sur la base de l'indice d'intensité numérique 2020 de l'Union européenne.10 Nous avons observé que les plus petites entreprises étaient nettement moins susceptibles de se hisser en haut du classement en ce qui concerne l'intensité numérique.

Même si près de la moitié des entreprises européennes ont déclaré utiliser des outils en ligne pour stocker des données, des réseaux sociaux ou de la publicité en ligne, les entreprises avec une intensité numérique relative sont les seules à profiter de fonctionnalités plus avancées telles que l'analyse des données internes ou des applications personnalisées.

Lesquels des objectifs suivants sont l'occasion pour votre entreprise d'utiliser des outils en ligne ?

Lorsque l'on demande aux entreprises à forte intensité numérique de citer les obstacles les plus importants à une utilisation accrue des technologies numériques, elles désignent le coût de la mise en œuvre de nouvelles technologies numériques (34 %) ou le manque de compétences numériques au sein de leur personnel (20 %). Celles avec une faible intensité numérique avancent des causes légèrement différentes, notamment le fait que les technologies numériques ne changeraient probablement pas la donne (28 %) ou qu'elles seraient trop chères à installer (29 %). Pour ces entreprises, le manque de sensibilisation et de connaissances en ce qui concerne les avantages potentiels peut constituer un frein tout aussi important que les obstacles techniques.  

Laquelle des pratiques suivantes se prête davantage à l'utilisation de technologies numériques pour votre activité par rapport à votre utilisation actuelle ?

L'adoption croissante du cloud pourrait jouer un rôle important dans la transformation numérique

Par le changement de modèle qu’il crée, faisant de la puissance de traitement et du stockage des données un service flexible, le cloud computing réduit les coûts pour les entreprises, accélère l'innovation, facilite l'accès aux données où que l'on se trouve, améliore la sécurité numérique et aide les entreprises a accélérer leur transition écologique. Il s'agit également d'un vecteur essentiel pour embrasser les potentialités de la prochaine vague de technologies numériques telles que l'apprentissage automatique, l'Internet des objets (IdO) et la 6G. Dans le cadre de ce projet , le cloud computing pourrait jouer rôle spécifique dans la dynamisation de la croissance d'une entreprise a constitué l'un de nos axes d'étude principaux.

Types de cloud computing

Il existe trois types principaux de cloud computing :

  • Logiciel en tant que service (SaaS). Les fournisseurs d'outils SaaS ou cloud offrent des applications ou des services destinés aux consommateurs qui exécutent ou traitent leurs données dans le cloud. Ce système permet aux utilisateurs d'avoir souvent recours à la même application depuis une large variété de plateformes, autres que leur ordinateur principal, comme leur téléphone ou par le biais d'une interface Web directe. Aujourd'hui, Adobe, Salesforce, Zendesk, Lemlist, UiPath et SAP constituent des exemples de fournisseurs SaaS de premier plan.
  • Plateforme en tant que service (PaaS). Lorsque le niveau suivant du cloud computing est atteint, les développeurs gèrent des bases de données dans le cloud, tandis que l'infrastructure informatique sous-jacente est rendue abstraite grâce au processus de virtualisation.
  • Infrastructure en tant que service (IaaS). Grâce à ce type de cloud computing, les entreprises remplacent leurs propres services sur site par un stockage de données en location. Par ailleurs, la puissance du traitement est désormais la propriété d'un fournisseur de cloud public. Ce modèle a été expérimenté lors de la création d'Amazon Web Services (AWS) en 2006.

Au total, d'après nos estimations, plus de 5 000 nouvelles entreprises avec un système basé sur le cloud sont créées en Europe chaque jour. Si nous pouvions accélérer l'adoption du cloud dans les petites entreprises à l'échelle européenne de 10 %, nous estimons que cela fera progresser l'économie française de 0,4 % en termes de valeur ajoutée brute (VAB), soit de 8 milliards d'euros supplémentaires.

Aujourd'hui, le marché du cloud public mondial atteint une valeur supérieure à 300 milliards de dollars.11 Malgré tout, le déploiement du cloud est un phénomène relativement récent. En effet, de nombreuses fonctionnalités doivent encore effectuer leur transition vers ce système . Selon une estimation, à peine 9 % des dépenses IT mondiales sont destinées au cloud. D'après notre sondage auprès des entreprises, près de la moitié des utilisateurs du cloud (42 %) ont affirmé avoir seulement commencé à utiliser le cloud au cours des trois dernières années.

Les avantages du cloud computing pour les entreprises

Voici quelques-uns des avantages du cloud computing :

  • Flexibilité et économies de coûts. Grâce au cloud computing, les entreprises ne payent que pour les technologies qu'elles utilisent. Cela signifie qu'elles peuvent augmenter ou diminuer leur capacité afin de répondre aux pics imprévus ou saisonniers de la demande, et évitent ainsi de payer pour une puissance de traitement inutilisée. En moyenne, les serveurs d'entreprise observent souvent des taux d'utilisation inférieurs à 20 %, alors que l'utilisation des serveurs cloud peuvent dépasser 50 %.12 Selon nos estimations, les utilisateurs AWS européens ont économisé près de 39 % sur leurs coûts IT en transférant leurs flux de travail vers le cloud.
  • Innovation et agilité. Le cloud permet un développement, un déploiement et une évolution vers les nouveaux outils et services numériques de manière plus rapide. Les développeurs européens nous ont indiqué qu'en utilisant AWS, ils ont pu réduire leur temps de développement de 26 % en moyenne.
  • Stockage et protection des données. En concevant des applications dans le cloud, les entreprises peuvent à présent automatiser des tâches de sécurité manuelles, tout en préservant la propriété et la confidentialité de leurs données.

En parallèle, de nombreuses entreprises n'utilisent actuellement que le cloud computing à des fins relativement basiques, telles que le stockage de fichiers, dont une minorité seulement exploite actuellement des fonctionnalités plus avancées comme l'analyse Big Data ou l'exécution de leurs applications internes.

Les IaaS et PaaS jouent un rôle décisif dans la transformation numérique de nombreuses entreprises. En effet, les utilisateurs du cloud déclarent que la PaaS leur a permis de remplacer les processus papier ou manuels par des systèmes numériques (42 %), d'automatiser des processus d'entreprise existants (39 %) ou de développer de nouveaux types d'applications (36 %).

L'utilisation des services cloud vous a-t-elle permis de faire l'une des activités suivantes ?
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Compétences

État des lieux



Objectifs de l'UE relatifs à la décennie numériqueÉtat des lieux
80 % des personnes âgées de 16 à 74 ans possèdent au moins des compétences numériques élémentaires.Même si la plupart des européens possèdent des compétences numériques élémentaires, des disparités de grande ampleur subsistent entre les pays. En France, 57 % de la population dispose de compétences numériques élémentaires. Au cours des cinq dernières années, la prédominance globale des compétences numériques élémentaires a augmenté de seulement 0,5 %, et d'après les tendances actuelles, il semble peu probable que la France atteigne l'objectif fixé par l'UE selon lequel 80 % de la population acquière des compétences numériques élémentaires d'ici à 2030. Si l'on observe le rythme actuel des avancées, le pourcentage de la population dotée de compétences numériques élémentaires ne sera que de 59 % d'ici à 2030.
20 millions de personnes sont employées dans les technologies de l'information et de la communication (TIC), avec un nombre égal de femmes et d'hommes au sein du personnel.Au cours des cinq dernières années, le pourcentage de spécialistes des TIC sur le total des emplois pourvus dans l'UE a augmenté de 3,5 % à 4,3 %, ce qui équivaut à tout juste 8 millions de travailleurs. Bien que l'on constate certaines avancées dans l'augmentation du pourcentage de femmes spécialistes des TIC, la progression reste tout de même très faible. En France, le pourcentage de femmes spécialistes des TIC a augmenté de 1,2 % seulement au cours des cinq dernières années.
Pourcentage de femmes spécialistes des TIC
Progrès en direction des objectifs liés aux compétences numériques

Qu'a démontré notre étude ?

Une pénurie de compétences numériques empêche de manière active la croissance des entreprises les plus avancées sur le plan numérique.

Au sein des entreprises, les compétences numériques sont perçues comme un critère important ou essentiel pour 77 % d'entre elles, une proportion qui passe à 88 % pour les entreprises qui ont une utilisation intensive des ressources technologiques.

Près de la moitié des décideurs d'entreprise (53 %) ont indiqué avoir le sentiment qu'ils devaient personnellement posséder de meilleures compétences numériques pour leur travail, et 66 % ont indiqué que leurs compétences numériques élémentaires étaient nécessaires à leur fonction.

Dans notre sondage, le recours à des spécialistes numériques dédiés était encore relativement rare au sein des plus petites entreprises :

Les entreprises à forte intensité numérique ont été vraisemblablement plus nombreuses à déclarer avoir trouvé difficile de recruter du personnel possédant des compétences numériques satisfaisantes (53 %) par rapport à la moyenne des entreprises (30 %). Elles ajoutent que la pénurie de compétences numériques a affecté leur activité : 40 % affirment que cela a freiné leur croissance, 36 % que cela a augmenté les prix, et 31 % que cela a ralenti le développement de nouvelles technologies.

Les compétences numériques élémentaires et intermédiaires sont vraisemblablement aussi importantes que les compétences numériques avancées pour l'avenir de l'économie européenne

Nous avons demandé aux consommateurs et aux entreprises les compétences numériques qui, selon eux, doivent être maîtrisées par le travailleur moyen afin de pouvoir effectuer ses tâches professionnelles aujourd'hui. Les Européens ont considéré que les compétences numériques et Internet élémentaires devraient être intégrées, alors que les entreprises à forte intensité numérique ont plutôt considéré que l'analyse de données et la programmation constituaient des critères importants.

Quelles compétences numériques est-il important de maîtriser en tant que travailleur moyen de nos jours ?

Lorsque nous avons interrogé les consommateurs sur les compétences numériques avec lesquelles ils se sentent à l'aise, 25 % se déclarent être en mesure de se créer leur propre site Internet. Lorsque nous leur avons demandé les tâches numériques qu'ils avaient exécutées au cours des trois derniers mois :

56%

ont déclaré avoir utilisé un logiciel de traitement de texte
36%

ont déclaré avoir utilisé un logiciel de tableur
41%

ont déclaré avoir utilisé un logiciel pour modifier des photos, des vidéos ou des fichiers audios
11%

ont déclaré avoir écrit du code dans un langage de programmation

Bien qu'il ne soit pas nécessaire que tout le monde sache écrire du code dans le cadre de sa fonction, ou de créer en intégralité un modèle d'apprentissage automatique, il serait pertinent que chacun.e soit doté.e de compétences numériques intermédiaires satisfaisantes, comme naviguer en ligne de manière sécurisée, effectuer des recherches ou apprendre une nouvelle compétence de manière efficace, collaborer avec ses collègues à l'aide de nouveaux outils en ligne ou savoir traiter des données élémentaires dans un tableur. Selon une estimation, plus de 40 % des travailleurs qui utilisent des logiciels de bureautique tous les jours ne disposent pas des compétences suffisantes pour les utiliser de manière efficace.13

De même, bien que relativement peu de consommateurs ne se servent de compétences en programmation dans leur vie au quotidien, il y avait plus d'accord sur le fait qu'il est important que les enfants soient soumis à des exercices de programmation à l'école.

Lorsque nous avons interrogé les parents français sur les compétences numériques qu'il est important que leurs enfants apprennent :

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Infrastructures

État des lieux



Objectifs de l'UE relatifs à la décennie numérique14État des lieux
Tous les ménages européens bénéficient d'une couverture de réseau d'un Gigabit, et toutes les zones peuplées sont couvertes par la 5G.Bien que des investissements soient encore nécessaires, il est probable que la France tienne ses objectifs de la décennie numérique en termes de connectivité. 53 % des ménages peuvent d'ores et déjà bénéficier des réseaux fixes à très haute capacité (VHCN).
Progrès en direction du haut débit

Qu'a démontré notre étude ?

La technologie numérique est une infrastructure essentielle

Selon notre sondage d'opinion, les consommateurs et les entreprises ont choisi un Internet plus rapide ou plus fiable comme principale priorité d'investissement dans les infrastructures, plutôt que d'autres formes plus conventionnelles d'infrastructures de transport comme les routes, les voies ferrées ou les aéroports. Comme nous en avons été témoins au cours des dernières années, à de nombreuses reprises, la connectivité numérique peut servir d'alternative aux formes de transport traditionnelles, en réduisant le besoin de se déplacer pour travailler.

Si vous deviez choisir, lesquels des investissements d'infrastructure suivants souhaiteriez-vous que votre gouvernement priorise dans votre zone locale ?

Malgré la satisfaction relative des consommateurs et des décideurs à l'égard de la connexion Internet à leur domicile ou sur leur lieu de travail, ils étaient moins satisfaits de la qualité de leur connexion Internet au cours de leurs déplacements :

Les autres niveaux fondamentaux de l'infrastructure technologique, telles que l'accès aux centres de données de cloud computing ou la capacité de fabrication de semi-conducteurs, sont tout aussi importants que la connectivité Internet de base.

Au cours de la prochaine décennie, les applications à faible latence nécessiteront des nœuds de périphérie afin de compléter le cloud, en rapprochant la puissance informatique de l'utilisateur final. Cela permettra de favoriser :

  • des réseaux d'énergie et de transport plus intelligents dans les villes, contribuant ainsi à renforcer l'efficacité, réduire les embouteillages et favoriser les véhicules autonomes ;
  • des contrôles de qualité en temps réel dans le secteur agricole ou de la fabrication ;
  • des solutions IdO pour garantir la sécurité des travailleurs dans des environnements dangereux.

Dans le cadre des priorités fixées dans la « Décennie numérique », l'UE a établi un objectif de création de « 10 000 nœuds périphériques sécurisés et neutres pour le climat ». D'ici à 2025, d'après la Commission européenne, 80 % des données devraient être traitées par des dispositifs intelligents plus proches de de l’endroit de leur utilisation ; un système connu sous le nom de « edge computing ». Aujourd'hui, on estime que 80 % du traitement et de l'analyse de données a lieu dans des centres de données et des installations informatiques centralisées.15

Néanmoins, même si ce type de traitement local prendra de l'ampleur, Internet et le cloud resteront sans doute largement répandus à l'échelle mondiale. Une grande partie de la puissance économique d'Internet provient de la réduction des obstacles internationaux au niveau commercial. Lors de notre sondage auprès des entreprises, nous avons constaté que pour les entreprises, il était indispensable de conserver la possibilité de choisir la technologie la mieux adaptée à leurs besoins.

Dans ce même sondage, les facteurs les plus importants dans le choix d'un fournisseur de services cloud sont la fiabilité (43 %), la sécurité (42 %), le prix (31 %), la réputation (26 %) et l'accès aux technologies les plus avancées (20 %). Le pays d'origine du fournisseur de services cloud a été considéré comme le facteur le moins important (7 %).16

Les infrastructures numériques peuvent favoriser la transition écologique

En parallèle de la transformation numérique, l'autre changement structurel important qui attend les économies européennes dans les années 2020 sera la transition vers une économie décarbonée. L’utilisation accrue des technologies numériques jouera un rôle décisif dans cette transition.

En effet, les technologies numériques telles que le cloud, l'IdO et l'apprentissage automatique permettront de créer un réseau d'électricité plus intelligent, de créer une plus grande flexibilité et une utilisation plus efficace des ressources et de récompenser les consommateurs et les entreprises qui ne gaspillent pas d'énergie. Les systèmes intelligents aideront les ménages à réagir face à l'évolution des prix de la distribution d'énergie. De plus, les systèmes basés sur le cloud automatiseront la fourniture de services destinés à alléger les factures et réduire les émissions. Dans notre sondage auprès des consommateurs, 49 % des Français ont déclaré soutenir leur gouvernement s'il décidait d'investir davantage dans la recherche de réseaux d'électricité plus intelligents et plus résilients.

Cette efficacité énergétique supérieure s’applique au processus informatique de manière directe. Pour un traitement informatique équivalent, les centres de données informatiques cloud centralisés peuvent être moins gourmands en énergie que des serveurs sur site. Alors que la quantité totale de la production informatique a été multipliée par six entre 2010 et 2018, la consommation d'énergie globale n'a augmenté que de 6 %.17 Selon 451 Research, les entreprises peuvent réduire leur consommation énergétique de près de 80 % en utilisant le Cloud AWS au lieu de leurs propres centres de données. En France, la migration des charges de travail des entreprises françaises vers le Cloud AWS engendrerait des économies d'énergie de près de 78 % et une réduction des émissions de CO2 équivalentes à environ 233 tonnes métriques.

Pour les entreprises, les technologies numériques permettent de mieux contrôler et de réduire l'empreinte carbone. Dans notre sondage auprès des entreprises, 84 % des entreprises françaises étaient d'accord sur le fait que l'importance de la durabilité resterait stable ou augmenterait en tant que facteur essentiel dans les décisions de leur entreprise. Cependant, seules 57 % d'entre elles se disaient convaincues de disposer actuellement des outils numériques adaptés pour contrôler et améliorer leur durabilité.

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Services publics

État des lieux



Objectifs de l'UE relatifs à la décennie numérique18État des lieux
Fournir les principaux services publics sous forme 100 % accessible en ligne aux citoyens et aux entreprises de l'UE.Dans le cas de la France, la Commission européenne estime que 73 % des principaux services publics aux citoyens, et 91 % de ceux destinés aux entreprises, peuvent être effectués de manière numérique.19
Pourcentage d'utilisateurs de services publics numériques

Qu'a démontré notre étude ?

L'UE est le leader mondial en matière de services publics numériques, mais ce potentiel reste encore trop sous-exploité en France

82 % des citoyens français déclarent avoir actuellement recours à des services publics numériques. De nombreux gouvernements européens sont reconnus comme les leaders mondiaux en matière de services publics numériques, notamment avec l'Indice des services en ligne de l'ONU qui a classé la France en 18e position.

ClassementNom du paysScore de l'Indice des services en ligne de l'ONU
1République de Corée1,00
2Estonie0,99
3Danemark0,97
4Finlande0,97
5Singapour0,96
6Royaume-Uni0,96
7États-Unis0,95
8Australie0,95
9Autriche0,95
10Nouvelle-Zélande0,93
11Kazakhstan0,92
12Pays-Bas0,91
13Japon0,91
14Chine0,91
15Suède0,90
16Émirats arabes unis0,90
17Espagne0,89
18France0,88
19Norvège0,88
20Chypre0,87

Une majorité des citoyens français que nous avons interrogés dans le cadre de l'enquête se sont dit optimistes concernant le niveau de services publics numériques :

En moyenne, nous avons constaté un potentiel inexploité pour une plus grande utilisation des services numériques. Lorsque nous avons interrogé ces citoyens au sujet d'activités spécifiques, telles que l'accès à leurs dossiers médicaux, ou le renouvellement de leur passeport, un pourcentage nettement supérieur a déclaré être à l'aise avec le fait d'effectuer ces tâches de manière numérique par rapport à ceux qui l'ont déjà fait réellement.

Les objectifs de l'UE impliquent que 100 % des citoyens de l'UE aient accès à leurs dossiers médicaux, et qu'au moins 80 % des citoyens de l'UE aient recours à une solution d'identification numérique. D'après notre sondage, à peine un quart de la population a accès à ses dossiers médicaux (23 %) ou a dû prouver son identité (17 %), alors que 49 % a affirmé être à l'aise avec le fait d'accéder à son dossier médical, et 39 % avec le fait de prouver son identité en ligne. Ces données suggèrent en effet un potentiel pour une future adoption de ce système.

Dans notre sondage, nous avons observé des données probantes relativement fiables démontrant des différences dans les attitudes selon les tranches d'âge. Les personnes les plus âgées (65 ans ou plus) étaient plus susceptibles que les plus jeunes (entre 18 et 24 ans) à déclarer se sentir à l'aise avec la possibilité de réserver un rendez-vous médical, de payer ses impôts ou une amende, ou de renouveler un passeport ou un permis de conduire depuis un site Internet ou une application.20

Une large majorité (75 % ou plus) des personnes qui ont effectué différentes activités numériques ont déclaré les juger utiles.

Vous avez dit avoir utilisé un site Internet ou une application du gouvernement pour effectuer les activités suivantes. Dans quelle mesure l'avez-vous jugé(e) utile ou inutile ?

Le cloud computing joue un rôle essentiel dans la mise en place de services publics numériques : en recueillant les données, en les conservant en toute sécurité et en faisant économiser de l'argent au contribuable. Selon nos estimations, le transfert de 10 % de nos systèmes IT sur le cloud pourrait faire économiser plus de 900 millions d'euros par an aux contribuables européens.

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Annexe - Méthodologie

Notre estimation globale de l'impact économique potentiel de la réalisation des objectifs de la décennie numérique de l'UE repose sur la somme de nos estimations de l'impact qu'auraient les quatre objectifs s'ils étaient atteints :

  • une adoption croissante du cloud computing par les entreprises jusqu'à 75 % ;
  • une plus forte adoption de trois outils numériques clés (le CRM, l'ERP et le haut débit) par les petites entreprises jusqu'à 90 % ;
  • 80 % des adultes européens ayant acquis des compétences numériques élémentaires ;
  • un impact économique potentiel de l'IA et du Big Data.

Nous avons choisi ces quatre mesures en guise d'estimation raisonnable de l'ensemble des objectifs fixés, tout en évitant un double comptage des objectifs dont l'impact économique potentiel se chevaucherait (p. ex. le potentiel économique de l'IA et l'augmentation du nombre de licornes dans l'UE), ou des objectifs qui seraient difficiles à quantifier (p. ex. l'impact économique de la R&D dans l'informatique quantique). Bien que les objectifs de l'UE ne mesurent pas le seuil d'adoption par les petites entreprises, nous pensons que cela représente un indicateur raisonnable par rapport à d'autres objectifs de l'UE concernant l'adoption du cloud/du Big Data/de l'IA ou l'intensité numérique des entreprises, tout en nous permettant de nous appuyer sur des études existantes bien documentées.

Une adoption croissante du cloud computing par les entreprises jusqu'à 75 % d'ici à 2030

Pour ce faire, nous combinons les estimations suivantes :

  • des données provenant de notre sondage auprès des entreprises au sujet de l'adoption actuelle du cloud computing selon la taille de l'entreprise par région, et leur répartition entre IaaS / PaaS / SaaS. Pour les pays où nous n'avons pas pu recueillir de données issues des sondages, nous avons réalisé des estimations fondées sur les données DESI de l'UE relatives à l'adoption du cloud computing par les entreprises de plus de 10 salariés ;
  • des données relatives aux dépenses liées au cloud public (IaaS/Paas) récupérées, dans la mesure du possible, à partir de sondages, et confrontées à des données tierces provenant de IDC et Statista ;
  • le retour sur investissement moyen du cloud computing, considéré comme la moyenne des estimations de nos précédentes études d'impact pour AWS (au Royaume-Uni, en France, au Canada et aux États-Unis) ;
  • les multiplicateurs de l'effet de la VAB provenant de l'OCDE pour chaque pays.

Une plus forte adoption de trois outils numériques clés (le CRM, l'ERP et le haut débit) par les petites entreprises jusqu'à 90 %

Pour réaliser cette estimation, nous avons :

  • mesuré l'adoption existante de chaque outil numérique (haut débit, ERP, CRM) à partir de notre sondage auprès des petites, moyennes et grandes entreprises. Lorsque ces données n'étaient pas disponibles, nous les avons remplacées par les données DESI de l'UE sur l'adoption du haut débit, de l'ERP et du CRM ;
  • supposé que l'adoption des trois types d'outils par les entreprises de toutes tailles est plafonnée à au moins 90 % ;
  • utilisé l'impact moyen calculé sur la productivité de chaque classe d'outil par l'OCDE (2019).

80 % des adultes ayant acquis des compétences numériques élémentaires

Pour cette estimation, nous avons combiné :

  • les données DESI de l'UE datant de 2021 sur le niveau des adultes ayant des compétences numériques inférieures aux compétences élémentaires par pays. (Étant donné que les données de notre enquête ont été renseignées par le biais d'un panel en ligne, tous les répondants devaient au moins posséder des compétences minimales en ligne. Nous n'avons donc pas tenté de l'utiliser pour évaluer la prédominance des compétences numériques inférieures aux compétences élémentaires) ;
  • l'augmentation moyenne estimée de 9 % des salaires pour les adultes ayant acquis des compétences numériques élémentaires au Royaume-Uni, calculée à partir de la moyenne des estimations de ce rapport et de ce document ;
  • l'ajustement de cette estimation pour chaque pays en nous basant sur l'estimation de l'OCDE (2017) étudiant l'impact relatif sur les salaires de l'augmentation de l'intensité des emplois spécialisés dans les TIC par pays.

Une augmentation potentielle de la VAB à l'échelle de l'économie grâce à l'IA et au Big Data

Nous avons procédé à une extrapolation à partir de l'estimation de McKinsey (2018) sur l'impact économique de l'IA d'ici à 2030, en l'attribuant aux différents pays et en la modifiant grâce à :

  • l'utilisation de l'Indice IA de Tortoise comme indicateur afin de vérifier dans quelle mesure les pays européens individuels sont prêts à tirer parti de l'IA / du Big Data ;
  • la non prise en compte de l'impact qui aurait déjà dû avoir lieu depuis 2018, selon une courbe en S mesurant le parcours de diffusion de l'IA.
  1. https://www.google.com/url?q=https://ec.europa.eu/info/strategy/priorities-2019-2024/europe-fit-digital-age/europes-digital-decade-digital-targets-2030_en&sa=D&source=docs&ust=1654767330657438&usg=AOvVaw3dreZ22hPe5OcjXJSbe0kX
  2. Estimation basée sur les récents progrès de la France en matière d'augmentation des compétences numériques élémentaires et d'adoption du cloud.
  3. Les entreprises se voient attribuer 1 point pour chacun des éléments suivants : plus de 50 % du personnel ayant accès à Internet à des fins professionnelles, le recrutement de spécialistes des TIC ; un haut débit rapide (30 Mbps ou au-delà) ; plus de 20 % du personnel équipé d'un appareil portable permettant des connexions Internet mobiles ; un site Internet à disposition ; un site Internet qui a des fonctionnalités sophistiquées (au moins l'une des suivantes : description des biens ou des services, grilles tarifaires, possibilité pour les visiteurs de personnaliser ou concevoir en ligne les biens ou les services, suivi du statut des commandes passées, contenu personnalisé sur le site Internet pour les visiteurs réguliers) ; l'utilisation de l'impression 3D ; l'achat de services de cloud computing de niveau moyen-élevé ; l'envoi de factures adaptées au traitement automatisé ; l'utilisation de robots industriels ou de service ; le fait d'avoir un e-commerce représentant au moins 1 % du chiffre d'affaires total ; l'analyse Big Data en interne depuis n'importe quelle source de données ou de manière externe. On définit les entreprises comme ayant « une forte intensité numérique » lorsqu'elles obtiennent un score de 6 ou plus.
  4. Skills for a Digital World, OCDE (2016)
  5. Calculs de Public First basés sur la Total Economy Database, maintenues par The Conference Board
  6. Le pourcentage des démarches administratives pouvant être effectuées en ligne pour la plupart des événements de la vie (naissance d'un enfant, nouvelle résidence, etc.) par les citoyens (échelle de 0 à 100)
  7. Services publics numériques aux entreprises (score de 0 à 100)
  8. Cette donnée se mesure à travers l'utilisation par une entreprise d'au moins quatre des 12 technologies numériques sélectionnées par l'UE. La liste exacte des technologies varie selon les années.
  9. OCDE
  10. Les entreprises se voient attribuer 1 point pour chacun des éléments suivants : plus de 50 % du personnel ayant accès à Internet à des fins professionnelles, le recrutement de spécialistes des TIC ; un haut débit rapide (30 Mbps ou au-delà) ; plus de 20 % du personnel équipé d'un appareil portable permettant des connexions Internet mobiles ; un site Internet à disposition ; un site Internet qui a des fonctionnalités sophistiquées (au moins l'une des suivantes : description des biens ou des services, grilles tarifaires, possibilité pour les visiteurs de personnaliser ou concevoir en ligne les biens ou les services, suivi du statut des commandes passées, contenu personnalisé sur le site Internet pour les visiteurs réguliers) ; l'utilisation de l'impression 3D ; l'achat de services de cloud computing de niveau moyen-élevé ; l'envoi de factures adaptées au traitement automatisé ; l'utilisation de robots industriels ou de service ; le fait d'avoir un e-commerce représentant au moins 1 % du chiffre d'affaires total ; l'analyse Big Data en interne depuis n'importe quelle source de données ou de manière externe.
  11. https://www.idc.com/getdoc.jsp?containerId=prUS47685521
  12. https://www.nrdc.org/sites/default/files/data-center-efficiency-assessment-IP.pdf
  13. https://www.eca.europa.eu/Lists/ECADocuments/RW21_02/RW_Digital_skills_EN.pdf
  14. Par ailleurs, l'UE a également fixé des objectifs afin d'augmenter sa part dans la production de semi-conducteurs, en déployant au moins 10 000 nœuds périphériques sécurisés et neutres pour le climat, et en créant son premier ordinateur quantique. Étant donné que ces mesures ne peuvent pas ou sont difficiles à mesurer actuellement, nous ne les avons pas intégrées dans le présent rapport.
  15. https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/cloud-computing
  16. Les répondants ont pu choisir parmi 14 facteurs potentiels : Fiabilité ; Premier fournisseur essayé ; Réputation ; Prix ; Sécurité ; Accès aux dernières technologies ; Étendue des services offerts ; Services spécifiques ou API proposés par le fournisseur ; Pays d'origine du fournisseur ; Empreinte mondiale du fournisseur ; Facilité de la reprise après sinistre ; Emplacement de stockage des données ; Écosystème plus large de compétences, services, et entreprises partenaires ; Impact environnemental et/ou faible empreinte carbone.
  17. https://www.science.org/doi/10.1126/science.aba3758
  18. Les objectifs de l'UE impliquent aussi que 100 % des citoyens de l'UE aient accès à leurs dossiers médicaux, et qu'au moins 80 % d'entre eux aient recours à une solution d'identification numérique. Cependant, il n'existe pas encore de données comparables à ce sujet.
  19. DESI - Compare countries progress — Digital Scoreboard - Data & Indicators (digital-agenda-data.eu)
  20. Attention : notre sondage a été réalisé par un fournisseur de panel en ligne. Ainsi, les personnes interrogées ne disposant pas d'Internet ou de compétences numériques élémentaires auraient peu de chances d'y participer.